Le débroussaillement - obligatoire - devra être fait avant le 15 juin
Les années se suivent et se ressemblent
Après les caprices météorologiques de la période des «saints de glace», le beau temps est revenu, chaud et sec. Et si beaucoup se sont précipités vers les bords de mer en quête de bronzage d'autres se posent plus gravement la question de savoir ce que nous réserve l'été 2004 : sera-t-il aussi caniculaire que son devancier, fera-t-il autant de ravages ? De bonnes questions, mais qui n'incitent pas toujours à passer à l'action, c'est à dire à prendre des mesures pour se préserver autant que possible.
Des risques mortels
Un domaine où les négligences les plus coupables sont constatées est celui du débroussaillement. Avec beaucoup de constance les Municipalités -et celle de Bastia n'y manque jamais- publient un arrêté demandant aux administrés de bien vouloir procéder au nettoyage des terrains attenants à leurs habitations et leurs dépendances. Conscients des dangers qu'ils courent en cas de défaillance, beaucoup le font. Mais d'autres non. C'est pourquoi, lorsque l'incendie se déclare, on assiste parfois à des scènes de panique : le feu arrive aux portes de la maison, malgré les efforts de sapeurs-pompiers complètement débordés, et ce peut être le drame. Ce fut hélas le cas l'an dernier à santa Maria di Lota, où deux personnes ont été gravement brûlées : l'une d'elles est décédée. Même s'il n'y a pas mort d'homme, les dégâts à l'environnement sont souvent considérables : dans lemeilleur des cas, il faut des années à la Nature pour reprendre ses droits.
La loi plus sévère
La leçon de l'été 2003 semble avoirété retenue par les Pouvoirs publics :à l'issue d'une réunion qui s'est tenue à la Préfecture de Bastia avec la participation des divers services concernés (Office National des Forêts,Service départemental d'incendie et desecours, Direction départementale de l'Agriculture, Association des maires, Police,Gendarmerie) des dispositions ont été prises, plus rigoureuses que celles jusqu'ici en vigueur. C'est ainsi, par exemple, que les Communes auront désormais l'obli-gation de se substituer aux propriétaires défaillants, après que leur mise en demeure par lettre recommandée soit restée sans suite. En cas de manquement à cette obligation,le Préfet peut mettre le Maire en demeure, éventuellement se substituer à lui. Si le maire se substitue au propriétaire, les frais engagés pourront faire l'objet d'un recouvrement qui pourra aller jusqu'au blocage des comptes bancaires et des saisies sur salaires. La Justice pourrait également être saisie : en cas d'infraction, le Tribunal peut prononcer une astreinte de 30 à75 euros par jour et par hectare et, si les travaux ne sont pas réalisés, infliger une peine d'amende pouvant aller jusqu'à 30 euros par m2.
Du vert au rouge
L'arrêté préfectoral qui rappelle ces dispositions distingue d'autre part trois périodes :
- La période verte, du 1er novembre au 1er avril : l'emploi du feu est autorisé sans restriction pour tous ceux qui veulent brûler des végétaux.
- La période blanche, du 1er avril au 30 juin et du 1er au 30 octobre : l'emploi du feu est réglementé. Ainsi, pour les brûlages d'une surface supérieure à 2 000 m2, une autorisation préfectorale préalable sera nécessaire. Ces brûlages seront effectués sous surveillance.
- La période rouge, du 1erjuillet au 30 septembre : tout usage du feu est strictement interdit, qu'il s'agisse d'incinération de végétaux, de feux de camps, de barbecue etc...Il sera même interdit durant cette période de fumer dans les bois, les forêts, lesplantations et sur les voies qui les desservent. Durant cette même période,il sera interdit aux particuliers de tirer des feux d'artifice. Quant aux Collectivités qui organisent des fêtes, un dossier de déclaration devra être déposé en préfecture. Notons enfin que le pacage sur les terrains incendiés, dans les bois et les forêts, est interdit pour 10 ans. Période qui peut être réduite pararrêté préfectoral s'il s'agit de pacage dans le maquis.